Bienvenue sur le blog de Rose-Marie Mattiani, animatrice d’ateliers d’écriture.

En vie
1 juillet, 2011, 17:32
Classé dans : Ecriture poétique

  visage.jpg

en  vie !

envie de visite

dans les livres prêtés

          les armoires affrétées

          les vêtements portés

         déportés aux gestes d’écriture

mains gantées de feutre

                           de cuir

                           de peau-bonheur

                           de malheur serein

                           d’autres  mots

des mains encore

                          chant de température moyenne

chant outillé sans pareil

pareil à des lieder laids qu’on n’entend plus

pareil à une miette dans des verts laines

vertes prunes d’été

chaudes comme les contraires

une main puis une autre en forme de coup de pinceau

virgule décroissante

décapante

pelucheuse entourée de vert-gris

comprendre

savoir quelle idée vers quel ailleurs

une écriture sans fin sans bord une écriture comme une rencontre non-conforme non modélisée une écriture qui ne devient pas : qui est

une écriture de noces entre deux règnes

deux bords

deux aurores viscérales

vissées aux vagues battantes

à l’approche du jour

entre deux habitats

deux champs libres

ménageant chaque chose de leur existence

se nouer dans les cordages

d’un espace où s’approprier un corps

une pensée exprimée par des formes perfectibles

probablement spatialisées

probable elle aussi : une grammaire-graine

une lumière-lumière

une perdition-partition oubliée

excédante jusque dans l’excès

s’en défaire

se défaire de l’œil

du faire

du saccage de la bouche

de tout effondrement de lumière

d’errance

d’image en image

de défaut de scission

volteface des voix

dans l’hiver qui résonne

aux taches de l’oubli

seul

comme un clou

un bout de fer semblant un arbre

illuminé du dedans

une fenêtre aux rideaux vacillants

à l’écoute des étoiles d’une terre paisible

se taire de l’intérieur

se déployer de l’intérieur comme un éventail

un édifice vacillant

un encore

qui ferait croire au paradis si le paradis existait

du fond des brumes avançant dans la vallée

éclairée du diamètre de la lune

du fil tendu à la verticale de la mesure

du bavardage

un fil tendu à la vérité au poteau

vieux de cent ans après que l’ivresse

obscure ait traversé

                        le bord du rebord nocturne

au long des failles de rues

ruisselantes du fleuve

à la veille d’un tremblement de terre

blêmes d’une forêt vierge la nuit

gorgée d’eau et de poussière jusqu’à suffocation

terre basse balayée par l’arrière jusqu’à l’inspiration

l’enivrement

terre basse balayée par l’arrière

troupeau de maisons basses et lisses disséminées sur la lande

un rêve à faire

un parcours qui commence

des yeux qui s’ouvrent

sur une bassecour de signes

au bord du puits où la langue s’agite



mère
8 juin, 2011, 16:59
Classé dans : Ecriture poétique

collage16.jpg

mère

j’ai fermé les yeux

pour mieux te voir

quand les rouvrirai-je 

je ne sais

il  passe  tant d’eau

sous les grands ponts

les barques jamais

ne remontent le courant

j’arrange le châle

sur tes épaules  glacées

mes yeux se défont

par dessus les tiens  

que tu n’ouvriras plus

de cela chaque jour

                                                              je deviens sûre

tu as pris une dernière barque

qui descendait le courant

avant de toucher le fond

où désormais

                                                               tu te sédimentes

puisses-tu dormir

                                                              définitivement dans le calme



MONA
8 juin, 2011, 15:46
Classé dans : Ecriture poétique

Mona

             Mona

M
O
N

A

          que n’a-t-on pas déjà écrit sur toi ?

 

tu gardes ton mystère

devant toute raison

 

tes mains au premier plan

l’une sur l’autre

posées sur l’accoudoir

nid croix nœud aveu troublant

que disent-elles ?

 

 

          elles mâchent la solitude du silence

 

 

Mona

             Mona

M
O
N

A

          que n’a-t-on pas déjà écrit sur toi ?

 

tu gardes ton mystère

devant toute raison

 

tes cheveux sur tes épaules lâchés

encadrent ton visage

tes cheveux sur ta poitrine nue

sous la chemise de tissu fin

infiniment plissée

que disent-ils ?

 

 

          ils plissent du silence tout ce qu’ils en retiennent

 

 

Mona

             Mona

M
O
N

A

          que n’a-t-on pas déjà écrit sur toi ?

 

tu gardes ton mystère

devant toute raison

 

tu te présentes dans un léger trois quart

vers nous tu diriges ton regard

le célèbre sourire de la Joconde

que célèbre-t-il ?

 

 

           il célèbre ce que vous méconnaissez

           dans l’abandon de la lenteur des jours

 

il me célèbre moi

                                         Mona

je suis femme

je suis femme

 

et pourtant jamais homme ne m’a touchée

je suis l’image l’icône le mythe sacré

jamais homme ne m’a caressée ni prise

je suis l’icône immobile dans l’éternité

déprise dans la lenteur des jours

éternelle éternellement

 

je suis femme

je suis femme

 

je suis faite de chair et d’eau

de passages entre l’ombre et la lumière

je suis faite de paysages

de routes sinueuses qui serpentent dans le lointain

jusqu’à se perdre parmi les brumes

 

je suis femme

je suis femme

 

je suis faite de traces et de plis

de plissages de boucles légères

de courbes et d’arabesques

 

je suis trace

trace parmi les traces

éternelle éternellement

 

 

Mona

             Mona

M
O
N

A

          que n’a-t-on pas déjà écrit sur toi ?

 

tu gardes ton mystère

devant toute raison

 

 

je suis trace

trace parmi les traces

éternelle éternellement

 

je suis de ces hommes et de ces femmes

ces femmes antédiluviennes

qui dessinaient en chaque coin de caverne

les scènes de leur vie quotidienne

ces hommes antédiluviens

qui chaque nuit

dansaient autour du feu

racontant des histoires

dont les flammes permettent d’entrevoir

sur les murs de la caverne

la tragique inanité de la condition humaine

 

 Lascaut



Le songe des Eoliennes
8 juin, 2011, 15:45
Classé dans : Ecriture poétique

à quoi songent les éoliennes

vastes oiseaux des terres

dont les pâles pales

virent inlassablement

dans la pâleur du soir

 

                                            le ciel qui les domine

                                            a mine

                                            de crayon mâché

 

à leurs pieds

les près

lavés par l’hiver

lentement broutés

par des ruminants impavides

aux flancs malmenés

en flaques de rouille

 

                                            l’espoir que mendient les mouches

                                            ourle leurs yeux

                                            et disperse leurs bouches

                                            au vent révolu des marins

 

 

                                           le travers des vitres du train

                                           lancé dans le jour

                                           donne à la nuit

                                           la trouée de l’obscur

                                           de ses wagons d’absence

                                           dont les couleurs ont le glauque

                                           de l’étang jadis mauve

 

 

à quoi songent les éoliennes

vastes oiseaux des terres

dont les pâles pales

tournent à en trouer le temps

leurs silhouettes élancées

à l’élégance de pélican

zèbrent de brillances

l’absurdité du jour

vendu au noir

 

                                            le travers des vitres du train

                                            a des travers bien singuliers

                                            d’effacements

                                            de figements

                                            en rafales

 

                                            opacité ouverte

                                            opacité nouvelle

                                            opacité offerte

 

 

le travers des vitres du train

a reflet

de lumières changeantes

d’images imaginées

de pâles pales transies

humidifiées

au froid de la nuit

au rythme

du chant du rail

 

                                             chuchotements d’absences

                                             il fera beau demain

                                             bientôt à nouveau

                                             le jour vient après la nuit

                                             comme la lumière pénètre le noir

                                             banalités nocturnes

                                             redondantes dérisoires

 

 

 

les pâles pales lointaines

qui sourient à la lune

détournées de la mer

                   de la houle

                   du ressac

                                           ont les amertumes

                                           des laboureuses d’ombre

 

 

éboueuses des décombres et des larmes

raflées d’un présent rétif

leurs hélices pâlissent

de se perdre

aux yeux clairs des bovins

rumineuses silhouettes

jaillissant de l’éclair

d’un travers

de fenêtre

 

Eoliennes



Réminiscences 1
8 juin, 2011, 15:44
Classé dans : Ecriture poétique

elles sont loin ces cheminées qui fument

comme est loin le ruisseau coloré par la teinte du papier

jaune rouge rose ou bleu

couleur choisie cette semaine là

toute la campagne environnante sait cela

la teinte du papier produite par l’usine

qui méandre au milieu des près où paissent les vaches tranquilles

ne s’abreuvant pas à la rivière arc en ciel

 

la couleur en filament teinte herbes et roseaux

comme cheveux emmêlés chargés d’histoires

racontant les strates desséchées du papier

 

tandis que circulent incessamment ces wagonnets

qui descendent et remontent la montagne

en transports infinis

sous l’hospice du grand P des Papeteries de France

qu’éclaircit l’attente

le désir attentif du départ prochain

encore trois ans puis deux puis un

à contempler les rails et les wagonnets

les wagonnets et les rails

 

tu marches sur le parquet de bois de cet appartement parisien le vieux parquet usé aux lattes mal reclouées dont tu connais chaque interstice chaque pli où s’accrochent ça et là les franges du tissu arrachés de la serpillère lambeaux que tu laisses là comme pour te rappeler alors que tes talons claquent sur le parquet –tu portes alors le costume de la femme d’affaire, cette jupe droite qui étrangle tes pas et ce corsage qui ne tient jamais en place,  comme pour te rappeler les franges du ruisseau lointain qui méandrait dans la campagne au milieu des ruminants impassibles

 

tes talons claquent sur le sol

tu es en retard toujours pressée

tu as un bon job du moins c’est comme ça qu’on dit

tu es cadre à la défense

ce cadre convient peu à tes rêves

quels étaient ils ?

tu ne les as pourtant pas oubliés

mais cachés momentanément enfouis

sous une couverture épaisse et sobre

où tu aimes te perdre parmi les livres

ces compagnons de papier blanc

que n’entache pas la teinture du ruisseau

dont les rives bétonnés se sont refermées

comme tu refermes ce soir ce livre

dans un bruissement de vent agitant les grands peupliers

 

Aristide Berges

 

 

 



Cet invisible
8 juin, 2011, 15:44
Classé dans : Ecriture poétique

est invisible

 

                   cet invisible

                   ce que tu ne vois pas

                   ce que tu n’entends pas

                   ce qui t’absurde et t’indiffère

                   dont tu ne retiens rien

 

dis le moi dis

dis le moi dis 

                  – dis moi

 

                  c’était demain

                  c’était hier

                  là aujourd’hui tout près

                  plus près encore

 

                  rapproche toi

                  murmure moi

 

tu te rappelles

ta chevelure dénouée la première fois

plus près tes chaussures

 

                         lacées

                         délacées

                         cet entrelacs

                         cet entrelacement

                         ce lacis là

                         ces lacets sans cesse défaits

                         ces risques de chute et de rupture

                         ces lacets sans cesse défaits

                         nos entrelacements dérisoires

                         nos lassements ma lassitude

                         ta désinvolture

 

tu te rappelles

tes chevilles dénudées la première fois

                        

                        ces grains de sable

                        agrippés au châle de ta peau

                        ces grains de sable

                        où s’écorchaient nos tumultes

                        notre poussière déjà

 

tu te souviens

 

tes chevilles dénudées de tout

désencombrées du rien  

comme des décombres

tes chevilles dont il ne restait que les épluchures

dont nous nous délections

           

                         nous avions en commun

                         la dérision

                         nous avions en commun

                         de nous contenter de peu

                         nous avions appris

 

est invisible

 

                        cet invisible

                        cet invisible invincible

                        inéluctable

                        de poids léger et si lourd

                        cet invisible vaincu par ce grain de sable

                        amarré au châle de ta peau

                        lorsque penchée sur tes chevilles

                        tu renouais tes lacets

                        enlacés délacés relacés

 

                        tes cheveux

                        qui mangeaient le sol

                        dans ce cri silencieux

                        rhabillant l’exil

 

                        tu renouais tes lacets

 

                        puis

                                  j’oubliais

                                                   jusqu’au

                                                                      bruit

                                                                                    de

                                                                                              tes

                                                                                                            pas

 

Fumées

 

 

 

 

 



drôle d’L.
8 juin, 2011, 15:28
Classé dans : Ecriture poétique

L                                                                                                                                                                                                                E                                                                                                                                                                                                                T                                                                                                                                                                                                                T                                                                                                                                                                                                                  R                                                                                                                                                                                                                E  

tété

téter

t’es là 

entêté

où te

terres-tu 

têtu

tétard

tais toi

trop tard

pour toi

pour qui 

qui sait 

L. n’a qu’une seule aile

avec une aile comment voler

une aile mais deux T

attention

sait se taire

se terrer

s’entêter

la têtue

s’est tue

tuée

pense à toutes ces lettres écrites

non envoyées

disparues

enterrées

quand L. écrivait à M.

cherchait à expliquer se justifier

quelquefois à plaire

objectif dérisoire

L. choisissait la lettre pour prétexte d’écriture

la forme lui convenait puisqu’il fallait écrire

choisissait  pour prétexte

des interlocuteurs qui ne liraient jamais

ses dépositions sédimentaires

drôle d’L.

n’avoir qu’une aile

vous pose une lettre

là où il n’y en a pas

pense à toutes ces lettres écrites

enterrées

une caisse pleine

une boite à chaussures taille 42

remplies de lettres format 21X29,7

pliées en quatre datées enterrées

dans le jardin

ensuite a vendu la maison

pense à toutes ces lettres écrites

avant la séparation

tentative de parole

quand la parole n’est plus

s’expliquer expliquer le pourquoi des choses

trop tard

pour toi

pour qui 

qui sait

les lettres adressées n’intéressaient plus leur destinataire lui il aurait voulu des lettres d’amour recevoir de l’amour et puis que ça des lettres explicatives il disait c’est subjectif en faisant la moue puis les déchirait les lettres partaient en morceaux miettes enveloppées de blanc fausses mariées

morceaux épars

épargnés du silence

tentatives improductives de collage

recollage d’amour bricolage trousse à outils perdue colle déficiente écrits périmés dépérimés d’amour pourrissant périssant

drôle d’L.

n’avoir qu’une aile

vous pose un être

maturité

alors L. a continué

que faire d’autre

la vie l’écriture l’écriture la vie

en continu écrire des lettres

oui mais des lettres à têtes chercheuses

celles qui trouvent les bonnes adresses

celles qui s’adressent aux bons destinataires

ceux qui partagent l’amour des lettres

ceux qui ne renient pas leur alphabet

même approximatif qu’importe

continuer à tâtonner

près de l’être et de la terre

là où l’L. unique

n’empêche pas de voler

vous en avez tous lu

ou en lirez

au dessus des étangs

survolant les plages

par-dessus les champs

cieux d’ailes colorées

dessinant dans le vent

les élitres d’un ciel d’été

collage10.jpg



fenêtres de la vie
8 juin, 2011, 14:43
Classé dans : Ecriture poétique

vivreikiru.jpg

les fenêtres de la vie

                                   dit-elle

                   sont comme des paupières closes

                   ombrées de si tard

                   elles s’envolent au souffle du vent

                   faisant vibrer les cils

                   de tremblement moindre

un tressaillement                                                           

la fenêtre s’ouvre

                  sur des yeux étonnamment pers

                  assurément vairons

                  l’un léger l’autre lourd

                  l’un bleu l’autre vert

                  qui regardent quoi ?

                  peut-être l’infini sur les choses

les fenêtres de la vie

                                     dit-elle

                   s’ouvrent se ferment

                   comme yeux s’éveillent

                   s’endorment au matin du soir

                   mouvantes changeantes

                   opaques transparentes

                        

elles ne révèlent que ce qu’on veut bien voir

au travers d’elles     — opacité de séductrices

l’opacité vous va bien

                                     dit-elle

                        

                     la nuit vous embellit

                     c’est au travers de votre brume

                     que s’éclaire à la chandelle

                     l’image d’un petit ou grand dessein

les fenêtres de la vie

                                   appartiennent à chacun

                    éboueurs des décombres et des larmes

                    fermez vos fenêtres sur les décombres

                    fermez vos portes sur les larmes

                    lavez à grande eau votre désuétude

                    au lavoir des tremblements

                    où se noie chaque tourment

                   s’il vous plait

                   accrochez à vos fenêtres

                   un lampion de jour de fête



en lumière
8 juin, 2011, 14:39
Classé dans : Ecriture poétique

un soir

                  noir

                  de musique

                                                                     éventé

                  par la fenêtre

                  évanouï                 

                  des guirlandes de nuages

                  annonçaient

                  en imagination

                                                                      un voyage

 

laisser venir doucement en lumière

je ne suis pas inspirée

                 

                  les mots de la terre

                  les mots de la vase

                  restent muets

                  – ils sont si lourds

                  les rires

                  déjà

                  ont pris fin

 

laisser venir doucement en lumière

je ne suis pas inspirée

 

                  les mots gazette et valise

                  veule et tralala

                  je n’en ai que faire

                  d’ailleurs je n’en veux pas

                  – je n’en ferai rien

                 

                  j’ai du bleu aux lèvres

                  l’encre les a taché

                  je ne suis pas inspirée

                  j’ai un poisson chanteur

                  des chaises qui se disent gaies

                  je ne suis pas mal lotie

                  je ne suis pas inspirée

 

un soir

                  noir

                  de musique

                  éventé

                  une flûte au ciel

                  a ri

                  le ciel s’est ouvert

                  laissant s’échapper la lumière

                  la

                        lumière

                                        s’est

                                                                          enfuie



Vois bleu
8 juin, 2011, 14:35
Classé dans : Ecriture poétique

vois dans ton bleu

l’étendue sans limite

l’infini où se perdre où se retrouver

dans une mer de mots

 

du violet comme un questionnement

une apparence compliquée

une ingratitude probable

comme ce fruit de mer du même nom

 

dans ton vert il y a l’été des prairies

les grelots du vent dans les arbres

l’odeur de l’herbe fraîchement coupée

 

ton vert est constellé de rouge

celui des abricots au creux des feuilles d’arbres

le rouge des coquelicots aux graines millénaires

qui germinent au cœur des champs

des étendues bouleversées par les travaux

 

vois dans ton jaune

l’énergie de ta jeunesse

ses rires et sa légèreté

le turquoise aux plis de tes yeux

l’orange à l’ovale de tes seins

le rose au pourpre de tes lèvres

 

le noir de ta bouche lorsque tu cries

que la colère orne ton visage

de reflets gris

de reflets argent

 

vois le blanc de ton trouble

le blanc de tes silences

au risque de tes mystères

 

au risque de tes mains

qui déteignent de bleu

alors qu’elles détournent

les pages de ce livre

qui n’a ni début ni fin

 

dont tu parles avec de l’or dans la voix